Hadj Boualga

Séminaire sur la pensée d'Ibn Khaldoun  01/02  Septembre 1983

El Hadj  BOUALGA s'en est allé : Le pédagogue au long cours.

En début de cette semaine, un pionnier de l'éducation nationale Hadj Boualga s'est éclipsé à l'âge de 75 ans, quittant définitivement, les siens Oran sa ville d'adoption, où il s'était fait connaître, comme phare, n'a pas encore pris toute la mesure de sa perte. La Saoura, où il s'était installé au lendemain de l'indépendance, avec comme objectif l'introduction et la généralisation de l'enseignement public, doit le pleurer â chaudes larmes. Que dire de Frenda, sa ville natale, où son nom va de pair avec celui de son ami et complice Jacques Berque, un autre érudit disparu lui aussi, pour renvoyer â Ibn Khaldoun et â l'histoire maghrébine restant encore à dépoussiérer. Il s'agit d' El Hadj Abd El Kader Boualga, mort subitement â l'âge de 75 ans.

 

                                                              

J. Berque et A. Boualga.

De bon droit, El hadj Boualga pouvait faire prévaloir un parcours des plus fournis, pour des raisons politiques, il a été interné au tristement célèbre centre de détention Imanentanout dans le moyen Atlas, au Maroc, encore sous protectorat français, en 1947. Durant son séjour au royaume chérifien, il a formé des générations de militants de la cause nationale. Ses pairs étaient Boussouf, Larbi Ben M'hidi et Boudiaf. En mars 1955, il était responsable de la fédération du MAROC, où il a contribué â la mise sur pied de la première station radio "Saouet EL DJAZAIR" à Tétouan, puis transférée à Nador, par la suite. Il a assumé d'autres responsabilités dans ce cadre qu'il a connu EL YOUSSOUFI,(...), ALLAL EL FASSI, le leader et fondateur du parti l'Istiqlal; BEN BARKA,(...).

 

D'autre part, EL HADJ BOUALGA était membre de L’UGEMA en 1956, et de ce fait, a côtoyé entre autres Rédha Malek, l'actuel président de l’ANR. Auparavant, il était membre d'une autre organisation estudiantine à PARIS, nommée l’UNEMNA (union nationale des étudiants musulmans de nationalité algérienne). Entre 1956 et 1962, il a participé à l'installation, il a accepté le poste de L'UGTA. Il a, en outre, des contributions dans EL MOUDJAHID, organe du FLN et dans une autre publication intitulée résistances algériennes. 

 

 

 

 

                                                

Ben Tobal   Ferhat Abes  et  A E K  Boualga  

 

 

Au lendemain de l'indépendance, après avoir occupé durant une courte durée le poste de directeur de l'O N A T, il s'est engagé dans une autre cause, celle de la lutte contre l'ignorance et l'analphabétisme dans une région des plus défavorisées sur le plan de l'enseignement, "La Saoura" en l'occurrence à Bechar, grâce â sa détermination, le premier lycée de l'Algérie post-coloniale a été construit. Il s'agit du lycée polyvalent où l'on enseignait aussi bien l'agriculture que les lettres. Faisant fi des règlements des lois qui étaient en vigueur, il a instauré le système d'internat dans les écoles primaires des wilayas du sud-ouest du pays. Ce n'est que trois ans après que le ministère de tutelle (...), a concédé à le réglementer.

Parallèlement à son activité professionnelle, il s'est intéressé au fonds documentaire et archives de la Zaouïa de Tu mentit, wilaya d'Adrar, de cette entreprise de sauvegarde et de mise en valeur de ce patrimoine, national et universel, en retient le "déterrement "d'un livre de chirurgie de guerre datant du XVeme siècle et dont un autre exemplaire existe au British Muséum à Londres. De Bechar, il la été muté à Mostaganem pour rejoindre en fin de parcours Oran EL Bahia il s'est consacré à la recherche. Avec d'autres intellectuels, il animait les rencontres hebdomadaires de la société de géographie, la plus vieille savante de toute l'Afrique francophone. Il était parmi les premiers chercheurs de L'URASC, devenu C.H.A.S.C par la suite. Il était aussi membre du centre national des études historiques et professeur à l'École Nationale d'Administration.

Abd El Kader Boualga et Ferhat Abes 

Sa Thèse de doctorat d'État en ethnologie culturelle obtenue en 1981 à la Sorbonne a été consacrée au Sud, intitulée «TIMIMOUN, oasis rouge» son directeur de thèse n'était que son ami d'enfance Jacques Berque qui, en mourant, a concédé sa bibliothèque personnelle riche de 30 000 ouvrages scientifiques à la ville de Frenda. EL Hadj Boualga a pris part en 1997 au séminaire sur Adrar, dirigé par A. Moussaoui anthropologue à l'université d'Oran. C'était sa dernière activité publique son épouse s'était chargée de lire à l’assistance sa communication. Récusant l'idée d'être vaincu par l'âge et par la maladie, EL Hadj Boualga a consacré les dernières années de sa vie au croissant-rouge algérien. Sa présence au sein de cette ONG était d'avantage morale qu'effective. Mais il usait de son autorité et surtout de sa notoriété pour régler toutes sortes de problèmes. Grâce à son passé, à sa droiture…il était écouté et respecté, voire controversé parfois.

Le journal "El Watan "(Le 10 Mars 1999)

Pour service rendu à l'Algérie, une école porte son nom : L'ultime hommage à Boualga (Le journal "le Jeune Indépendant" le 05 Février 2004)

 

Plaque commémorative dévoilée par M. le Président de la République le 25 Janvier 2004



Lors de sa visite dans la wilaya de Tiaret, le président Abdelaziz Bouteflika a inauguré une collège d'enseignement moyen  à Frenda baptisée du nom de Boualga Kouider. Cette dénomination est un ultime hommage à un Algérien qui a marqué la région de la Saoura par son perpétuel combat, tout d'abord pour la libération de l'Algérie puis contre l'ignorance dans une des régions les plus défavorisées du pays. El Hadj Boualga Kouider est né le 30 juillet 1924 à Frenda.

Très tôt, il milite pour le droit des Algériens à la liberté au sein du PPA, du MTLD et de l'Association des étudiants nord-africains de Paris. Dès 1947, il est emprisonné au centre de détention d'Imanentanout au Maroc.

 

Lors du déclenchement de la révolution du 1er Novembre 1954, Boualga est commissaire politique de la wilaya V aux côtés de Larbi Ben M'hidi puis d'Abdelhafid Boussouf. Il est ensuite directeur de l'École des cadres du FLN au Maroc. Il est aussi membre de la rédaction du journal la Résistance en 1956 avec Boudiaf et membre créateur du journal El Moudjahid, avec Redha Malek et Frantz Fanon. Dès l'indépendance de l'Algérie, il travaille sans relâche dans le domaine de la culture, du tourisme et de l'éducation.

Ses différentes activités administratives, universitaires et dans les mouvements associatifs dévoilent son combat pour sortir la population du marasme culturel et la promotion de l'enseignement. Parallèlement à ses activités professionnelles, il mène plusieurs travaux de recherche sur l'histoire de sa terre natale.

En 1981, il obtient un doctorat en ethnologie culturelle ; sa thèse est consacrée au Sud algérien et s'intitule Timimoun, l'oasis rouge. Toujours au service des causes justes, Boualga consacre les dernières années de sa vie à la recherche scientifique et au Croissant Rouge algérien. A l'âge de 75 ans, El Hadj Abd El Kader Boualga, s'étant battu pour que l'Algérie aille toujours de l'avant, s'éteint le 5 mars 1999.

 

C E M  "Kouider Boualga"