Hadj Kadda Boutarène (1907 /1996)

Le militant du Mouvement National

Témoin d’une époque

Mr Hadj Kadda Boutarène (Grande figure du mouvement national) dans ses ouvrages relate des faits retraçant la vie politique dans la région de Frenda. 

Une sélection d'extraits de pages nous révèle admirablement des éclairages sur cette époque qui a été le prélude de la guerre de libération nationale      

Sa vie (Eléments de biographie par son fils Mohamed Zaghloul) 

Son témoignage .... 

Hadj Kadda Boutarène dans son ouvrage "Kaddour(3) De Brezina au palais Bourbon Itinéraire d'un militant" réserve quelques pages à la ville de Frenda dans son activité politique. Une sélection d'articles nous révèle la dimension de sa contribution et de l'engagement des populations.

La campagne électorale fut étincelante (p 216)

"Au début de l'année 1947, mourut le conseiller général de Frenda : élu en 1945 en sa qualité de marabout. Pour pourvoir à son remplacement, des élections furent fixées au mois d'avril de la même année. Soutenu par l'administration algérienne, le fils de ce marabout, qui occupait les fonctions de secrétaire-interprète à la commune mixte de Tiaret, songea à le remplacer".(...)

"Le parti UDMA ne pouvait pas rester étranger à cette compétition-test. La cote de Kaddour (Il s'agit de Mr K BOUTARENE) était telle que la population de Frenda, à la quasi unanimité, fixa son dévolu sur lui et imposa ce choix au Bureau politique, qui n'eut d'autre possibilité que celle d'accepter la proposition. Ce fut un triomphe"

Meeting de l'UDMA en 1946  à Frenda

L'élection de la première assemblée algérienne (p 219)

"L'année 1948 devait être marquée par l'élection de la première assemblée algérienne l'une des principales institution créées par le statut de l'Algérie. Le parti (UDMA) avait décidé d'être présent dans toutes les circonscriptions électorales".(...)

"Le découpage administratif de l'Algérie octroya un siège à ce qui était l'arrondissement de Tiaret. Désigné pour le 1er arrondissement : il (K Boutarène) avait le vent en poupe."

"De nombreux facteurs plaidaient en sa faveur. Frenda était un véritable bastion du Manifeste (Parti de Ferhat Abbés) et on y attendait les résultats avec impatience."

"Au sommet, à Alger, où il n'avait pas la cote d'amour, on entérina sa candidature sans opposition ni enthousiasme(...). Le représentant du Manifeste fut élu."

Ferhat Abbas

Itinéraire en bref ....

Ferhat Abbas est né en 1899, il a animé depuis 1924, l'association des musulmans africains du nord d'étudiants, il a édité le "jeune Algérien" (1931), en février, 1943, il a écrit "Le Manifeste du Peuple Algérien". Ce texte a donné naissance aux "amis du Manifeste et de la Liberté". Arrêté le 08 mai, 1945, au moments des manifestations massives, il est libéré en mars, 1946. Un mois plus tard, il a fondé "Union Démocratique du Manifeste Algérien" (UDMA) et  a participé aux élections législatives de 1946, il a obtenu 11 sièges dans l'Assemblée nationale. En avril, 1956, rejoint le FLN "Front de Libération National". En 1956, il a été chargé de fonctions et postes de  responsabilités au sein du F L N à savoir le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de 1958 jusqu'à 1961. Il est remplacé par Benkhadda Y . Après l'indépendance, il est devenu un président de l'Assemblée Nationale Algérienne, il démissionnera en août, 1963. Il est mort en 1985.

Le renouvellement du mandat de conseiller général de Frenda. (p 222)

"En 1949 le siège de l'ancien titulaire devait être renouvelé. Le mandat de conseiller général de Frenda venait à expiration."

"A l'occasion de ce renouvellement, le sous préfet allait tenter une opération de grand style sous l'inspiration de ses chefs "Voilà dit il au cours d'un repas (auquel était convié K Boutarène), après mûre réflexion j'ai décidé de vous offrir le mandat de conseiller général dont le renouvellement se fera bientôt.(...) Tout ce que l'on vous demande c'est d'être un peu plus souple".(...)"

"Toutes les tentatives de séduction, tous les artifices du sous préfet se heurtèrent à un bloc insensible."

"L'administrateur, appuyé par le sous préfet avait jeté son dévolu sur (...)un ancien élève de la medersa de Tlemcen qui se présenta et fut "élu". Le parti perdit ainsi un siège, un poste avancé de grande importance."

"La claque donnée à l'administrateur de Frenda  n'avait pas coûté cher..."( p 230)

"Le mois de février 1951 marqua la date des élections portant sur le renouvellement pour moitié  de l'assemblée élue en 1948 l'autre moitié siégerait durant les six ans prévus par la loi"

"Le jour du scrutin, comme on le prévoyait, les représentants nationalistes furent réduit au silence et à l'impuissance."

"Les électeurs, médusés, furent  obligés de remettre leurs cartes dans les bureaux. (...)Durant l'inspection des bureaux, le candidat nationaliste (K Boutarène) donna de puissants coup de gueule beaucoup de militants furent arrêtés, roués de coups conduits en prison.(...)"

"Le point culminant de la journée fut atteint à Frenda où le candidat anti administratif s'en fut exprimer les réserves les plus expresses auprès de l'administrateur de la commune mixte."

"Il était d'une humeur massacrante. Le ton des observations monta rapidement et il finit par traiter le fonctionnaire portant képi galonné de "voleur" de "fripouille" et de" canaille". Le petit chef de la commune décida de faire traduire le candidat."(...)

"Revenons aux élections (...) l'administration s'attendait à un véritable écrasement du parti; elle déchanta. Le dépouillement révéla, en effet que le candidat nationaliste avait été battu d'une longueur seulement. La compétition électorale a été remise au dimanche suivant puisqu'il y avait ballottage. Le comité (du parti), après mure réflexion décida donc de prêcher l'abstention, (...)les urnes seraient de toutes façons bourrées." (...)  

"Le matin du procès, bien avant l'heure les alentours du palais de justice, conformément à un plan bien établi à l'avance grouillaient de monde il en venait de partout et surtout de Frenda. Le plat du jour en quelque sorte c'était le procès concernant les démêlés avec l'administrateur de Frenda . (...)

"Après délibération, le tribunal prononça le verdict qui se traduisit tenez vous bien par mille francs d'amende  "Une gifle pour mille francs" tel fut le slogan qui circula parmi les militants(...) Ils firent en allant annoncer à Tiaret et à Frenda que la claque donnée à l'administrateur n'avait pas coûté cher ....."

Sa conclusion ....

"Kaddour de Brézina au Palais Bourbon Itinéraire d'un militant"
"Adjoint maire de Tiaret, député à l'assemblée française, conseiller général de Frenda, délégué à l'assemblée algérienne: tous ces titres et les activités qui en découlaient avaient accaparé le temps de Kaddour (il s'agit de l'auteur) et lui avaient donné d'immenses responsabilités. En somme, après de plusieurs années, il se retirait pauvre Job, mais riche d'une grande expérience et fort surtout de l'autorité morale solidement établie, tant auprès de ses amis qu'auprès de ses adversaires et basé sur un travail sérieux et sur une rigueur morale au dessus de toute épreuve. Le bilan de toutes ces années était positif, il n'en était pas mécontent. Si les moyens s'étaient modifiés et si les titres étaient perdus, le combat continuait..........

Ses déclarations...

Son œuvre... 

- De nombreux écrits paraissant sous un pseudonyme dans les journaux tels que " La République algérienne, L’Egalité, El Moudjahid et L’Echo d’ Oran.