La colonisation française et la résistance des populations

Elle s'est appuyée sur la structure sociale locale, pour asseoir ainsi définitivement sa domination, l’administration française crée une sorte d’aristocratie "indigène" composée de khalifats, de bachagas et d’aghas, noblesse régionale, secondée par les caïds, chefs de tribus et cheikhs chefs de ferkas, noblesse locale; les deux étant étroitement liées.

Dans ce contexte, l'Agha de Frenda avait assuré une domination sans partage sur la région et défendit sa "forteresse" contre toutes les attaques. 

Dès 1840 des populations européennes composées de français  et espagnoles affluèrent sur les hauts plateaux. Les colons se sont installés à Frenda, Kermès et Médrissa. Ils se sont accaparés de toutes les terres fertiles en plantant vignobles et autres arbres fruitiers.

Quelques années plus tard des espagnoles se ruent sur la région s'y installent et s'adonnent à plusieurs activités particulièrement celles en relation avec le bois et le charbon.

Devant cette situation caractérisée par la spoliation des terres des actions de rebellions et de résistance ont été enregistrées.  

Un personnage emblématique Hadj El Bachir Benkhellil natif de Frenda s'est distingué en 1889, par des faits d'armes. 

Cet  enfant du terroir, appartenant à une famille de Chorfa (Noble) dont l’ascendance remonterait à Sidi Ahmed Bendaoud (Miliana), se fait remarquer par son sens de l’honneur en refusant l'occupation française sur les bonnes terres agricoles. 

Il embrasse la cause de l’Émir Abd El Kader avec ardeur. Craignant des troubles et l’éclatement d’une violente insurrection, il fut arrêté avec quatre de ses compagnons. Jugés et condamnés, ils sont déportés qui vers la Nouvelle Calédonie, qui vers le bagne de Cayenne (Guyane) qui vers la Corse.

La Nouvelle Calédonie

"Des centaines de personnes furent condamnées à la déportation en cette terre lointaine qui est la Nouvelle Calédonie. Leurs descendants y vivent toujours coupés de leur patrie, terre de leurs ancêtres"

 

Entrée du camp de transportation de Nouvelle Calédonie

"Durant l'année 1871 l'Algérie a connu l'une des plus grandes insurrections après l'épopée de l'Émir Abd El Kader ,les survivants de cette révolte furent déportés à l'instar des communards,  vers la nouvelle Calédonie, malgré les épreuves les descendants des transportés ont fait souche dans le pacifique"

M. Kateb Yacine à propos des Algériens du pacifique avait écrit:

 

"Ce sont des âmes d'ancêtres qui nous occupent, substituant leur drame éternisé à notre juvénile attente, à notre patience d'orphelins, ligotés à leur ombre de plus en plus pale, cette ombre impossible à boire ou à déraciner"

M. Mehdî Lallaoui a publié à titre illustratif  un célèbre ouvrage dont le titre est révélateur d'une époque de répression et d'injustice dans les éditions Ziryab "Algériens du Pacifique : les déportés de nouvelles Calédonie"

 

La Bagne de Cayenne

La Guyane, c'est le souvenir du bagne. Elle garde encore les cicatrices d'une époque révolue mais bien présente par ses vestiges.

Là se trouve le "Camp de la transportation" de Saint Laurent, du Maroni ou les cachots des Iles du Salut, lieux d'exil de milliers de bagnards dont Papillon, Dreyfus, Seznec...

Extraits de l'ouvrage sus visé 

"Avec les communards  page 41

 

"Après les deux insurrections de 1871, les convois de prisonniers allaient se succéder. Un long exil commençait. Les insurgés d'Algérie seront emprisonnés à Calvi en Corse, d'autres rejoindront le continent. Tous garderont dans les yeux du cœur, les couleurs des montagnes d'Algérie que beaucoup ne devaient plus jamais revoir (...) Les chemins se sépareront à Toulon. Selon le hasard des condamnations et des juridictions d'Algérie, des insurgés condamnés aux travaux forcés iront rejoindre les bagnes de Cayenne ou l'île Nou en Nouvelle Calédonie. Dans une même famille d'insurgés, certains deviendront des "droits communs" d'autres seront des "politiques".Ils seront respectivement désignés sous le terme de "transportés" et de "déportés" "

Monument à la mémoire des bagnards de (Guyane)