Les DJEDARS

(Sites historiques classés le 23 juin 1913)

A propos de Numidie (Encyclopédie ENCARTA 2003)

"Numidie, nom donné par les Romains à la partie septentrionale de l'Afrique correspondant plus ou moins à l'actuelle Algérie. La Numidie était habitée par deux tribus connues pour leurs talents de cavaliers. Au cours de la deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.) entre Carthage et Rome, la tribu occidentale prit le parti du Carthaginois Hannibal. Masinissa, roi des Numides orientaux, se joignit aux Romains. À la suite de la victoire de Rome, la Numidie fut réunie sous le pouvoir de Masinissa. Les plus célèbres de ses successeurs furent Jugurtha et Juba Ier. Après la défaite de Juba face à Jules César dans les guerres d'Afrique, la Numidie devint une province romaine (Africa Nova) en 46 av. J.-C. En 30 av. J.-C., l'empereur romain Auguste rendit la partie occidentale de la Numidie à Juba II ( ?-19 apr. J.-C.), et, cinq ans plus tard, la partie orientale fut unie à la province d'Africa Vetus pour former la province d'Afrique. Au début du III e siècle apr. J.-C., sous l'empereur Septime Sévère, la Numidie redevint une province séparée." 

Extrait des cahiers d'Algérie : Art Antique et musulman d'Algérie

"Les Djedars, monuments encore visibles au douar" Haouaret" Ils sont au nombre de treize. Souvent appelés «Tombeaux romains». En fait, ils rappellent quelque peu le Médracen, vaste tumulus élevé vers le IIIème siècle avant J C., à proximité de l'Aurès et le Tombeau de la Chrétienne» (Ier siècle avant notre ère), près de Tipaza".

Le Medracen

Medracen (Aurès Algérie)

Le Medracen (ou Madghassen), érigé au sommet d'une petite colline, est un gigantesque cône de pierre, à gradins. posé sur un socle cylindrique. Cette base, peu élevée (4,43 m), est ornée de soixante colonnes engagées, surmontées de chapiteaux de style dorique supportant une architecture lisse et une corniche à gorge, caractéristique des monuments puniques. L'ensemble rappelle beaucoup le Mausolée royal maurétanien proche de Tipasa.
Il est plus tassé et les dimensions en sont plus réduites : 59 m de diamètre (61 m pour le tombeau de la Chrétienne). 18.50 m de haut (contre 33) avec vingt-quatre gradins seulement. Édifié vraisemblablement à la fin du III siècle av. J.-C., ce tombeau a dû servir de modèle au mausolée de Tipasa et à quelques autres. Il révèle une influence carthaginoise jusqu'en plein pays numide et porte témoignage de l'existence d'une civilisation brillante où les artisans savaient parfaitement tailler les pierres et les agencer d'une manière remarquable.
Le Médracen est contemporain des dynasties numides indépendantes; on l'attribue généralement à Massinissa ou à son fils Micipsa.

Le Tombeau de la Chrétienne

Le tombeau dit de la Chrétienne (Tipasa Algérie)

Ce tombeau est un vaste amas de pierres présentant à l'intérieur des couloirs et des chambres dont la disposition a été reconnue à la suite des fouilles faites en 1865-66 par Berbrugger et Mac-Carthy, sous le patronage de Napoléon III .L'entrée est fort étroite et se trouve dans le soubassement , sous la fausse porte de l'Est. De là un petit couloir donne accès à une chambre voûtée dans laquelle se trouve sur un de ses murs, sculptées grossièrement un lion et une lionne. Au-dessous de ces bas-reliefs s'ouvre un autre couloir qui mène à un escalier de 7 marches, puis à une large galerie circulaire de 150 m de longueur. En la suivant on arrive à un 3ème couleur et à deux salles voûtées qui se trouvent au centre même du monument . La première salle paraît avoir été un vestibule La seconde offre 3 niches qui étaient destinées à contenir des urnes cinéraires. On peut supposer que le caveau funéraire se trouve à un niveau plus bas. C'est un auteur latin, au 1er siècle après J.C qui constata son existence entre Alger et Cherchell. Ce mausolée a servi de sépulture à une famille de rois maures " monumentum commune regiae gentis ". On admet qu'il aurait été construit par le roi Juba II .

Les Djedars Monuments Funéraires Berbères de la Région de Frenda

"Les Djedars sont des tumulus sur plan carré; une pyramide à gradins repose sur le soubassement. Le plus grand mesure 48m x 45m. Hauteur primitive, une quarantaine de mètres. A l'intérieur de l'un d'entre eux, une inscription funéraire datée de 466, les attributs évangéliques bien connus, une épitaphe chrétienne de 480, etc..."En avançant tout droit par le couloir d'entrée, on trouve trois chambres séparées l'une de l'autre par un couloir de quelques mètres. De la première de ces chambres, partent à droite et à gauche deux couloirs du même genre, qui conduisent à un second système, formé de cinq chambres reliées par des couloirs et qui enveloppe le premier. Il est enveloppé lui-même par un troisième système, dont les couloirs d'accès partent du couloir d'entrée et qui comprend 8 grandes chambres et 4 plus petites aux coins, le tout relié par des couloirs»." La dynastie des rois berbères de la région est souvent inconnue. Fatima Kadaria Kadra lui a consacré un ouvrage.        

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Les Djedars  (Frenda Algérie)

Djedars, comme une sorte de mausolées qui se présentent comme des tombeaux. Les Djedars signifie "mur" en langue arabe lequel est dérivé du verbe construire ou édifier. Le mot "Djedars" est utilisé pour désigner l’ensemble des mausolées de la région de Frenda. Situés à 8 kilomètres de Frenda (dans la commune de Médroussa) qui sont divisés en deux groupes distants de 6 kilomètres. Le premier groupe se situe sur les collines du Djebel Lakhdar. Il comprend trois monuments, dont deux assez bien conservés. Le second groupe, celui de Ternaten, situé sur le Djebel Aroui à six kilomètres au sud du Djebel Lakhdar, comprend dix monuments faiblement conservés. Les Djedars sont des tumulus composés d’un soubassement carré et d’une pyramide à gradins. Des chambres funéraires en nombre variable et des couloirs d’accès se trouvent à l’intérieur. Leurs dimensions varient d’une dizaine de mètres de côté à 48 mètres pour le monument de Ternaten, le plus imposant.

Le plus ancien document se rapportant aux Djedars est un récit d'Ibn Rakik, historien arabe de la fin du Xème siècle qui vécut sous la dynastie Ziride son témoignage précieux est rapporté par Abderrahmane Ibn Khaldoun. A partir de 1865, à la faveur des recherches menées d'abord au Tombeau dit de la Chrétienne puis au Medghacen, un intérêt plus grand est accordé aux Djedars : leur caractère autochtone, leur analogie avec les deux grands mausolées de Maurétanie et de Numidie, leur destination funéraire sont soulignés dans plusieurs articles.(Extrait de l'ouvrage les Djedars de F.K Kadra page 17)

Par ailleurs l'auteur Rabah Lahcen a, dans une récente publication (Janvier 2004), consacré un ouvrage en langue arabe  intitulé " Les Mausolées des Rois Numides et Maures" à une étude comparative des vestiges funéraires .

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Témoignage

Les Djedars de la haute  Mina 

Témoignage du  commandant Bernard, correspondant de Tlemcen, qui donne les renseignements suivants sur trois édifices antiques que les autochtones  appellent Djedars  et qui se trouvent vers les sources de la Mina:

"En lisant la relation des recherches archéologiques que vous dirigez au Kobeur Roumïa, je me suis souvenu d'une reconnaissance que je fis avec le général de la Moricière, à deux lieues de notre camp, en 1812, et à quelques lieues de Frenda, dans les Hauts plateaux. Un matin, nous nous sommes trouvés dans un vallon entouré de monticules sur lesquels sont des monuments. Il y en a de fort grands qui ont de 50 à 60 mètres de face, construits avec de grandes et belles pierres de taille très bien travaillées et sur chacune desquelles il y a des caractères presque semblables à ceux que vous signalez sur les pierres du Tombeau de la Chrétienne. Ces mêmes caractères se trouvent groupés en quelques endroits de ces monuments dans des cartouches entourés de doubles filets. Ils paraissent alors former des inscriptions commémoratives.

 Je suis monté sur l'un de ces édifices, et j'ai trouvé une entrée formée de deux chambranles en pierres de taille, couronnés d'un linteau monolithe; l'envoûtement à gradins et l'escalier lui-même sont bâtis également avec des matériaux de grand appareil. Nous n'avons pu descendre que cinq marches, n'ayant aucun outil pour écarter les obstacles qui nous empêchèrent d'aller plus loin. J'ai retrouvé les dessins de ces édifices ainsi que l'itinéraire que j'avais suivi pour y arriver."Le nom de Djedars donné par les Arabes à ces monuments, qui, -- dit-on, -- sont au nombre de trois, n'a rien de spécial: les autochtones  l'appliquaient jadis à toutes les villes romaines ruinées; il ne signifie pas autre chose, - dans leur langue, - qu'un lieu entouré de murs.(...)."