Sur les traces d'un maître de la pensée
Jacques Berque. Orient - Occident
de Mustapha Chérif et Jean Sur,
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PR Mustapha Chérif & M. Jean SUR
Pr. Mustapha Chérif et M. Jean Sur ont conjointement publié un ouvrage intitulé "l'Orient et l'Occident" la presse nationale en fait la présentation en ces termes :
"Parler aujourd’hui de Jacques Berque, c’est, inévitablement, parler d’un penseur qui a consacré sa vie à édifier une passerelle entre deux mondes diamétralement opposés : l’Orient et l’Occident. Deux mondes incarnant toutes les contradictions, nées il y a une éternité.
Et pourtant, cet enfant de Frenda a réussi à défier tous les préjugés, toutes les arrière-pensées, sans pour autant perdre une bribe de son identité, ni de sa personnalité. Dans un essai élaboré par deux éminents universitaires, Jean Sur et Mustapha Chérif, intitulé Jacques Berque.
Orient - Occident, paru dernièrement chez les éditions Anep, il est question de cet orientaliste qui s’est volontairement engagé, notamment après les événements du 11 septembre 2001, à prendre la défense de l’Islam religion, symbole de la tolérance, contre toutes les attaques venues de part et d’autre. “Il est dans l’air du temps d’alimenter ouvertement ou insidieusement, le sentiment de la menace, proche ou lointaine, qui est censé incarner l’Islam ; en dépit de données visibles, comme la monstruosité nouvelle qu’on nomme terrorisme islamiste”, écrit Mustapha Chérif, docteur d’Etat ès lettres et professeur de philosophie politique et de relations internationales. Ce dernier revient sur la pensée de Jacques Berque ainsi que la relation conviviale qu’il a entreprise avec lui. Une relation née, il y a trente ans.
“J’ai rencontré Jacques Berque, pour la première fois, à Paris en 1975, au prestigieux Collège de France, où il enseignait depuis 1956. Alors étudiant à l’université de Toulouse, je me suis empressé de “monter à Paris” quand j’avais appris qu’il avait consacré son cours de “l’année 1973-1974 au cheikh mystique Sidi Ahmed Ben Youssef, saint patron de Miliana, ma ville”.
Cette relation s’est développée par la suite pour devenir celle qu’entreprend le disciple à son maître. Pour Mustapha Chérif, “relire Jacques Berque, le plus grand islamologue du XXe siècle, et expliquer sa pensée, est une nécessité si l’on veut dépasser les faux dilemmes, la logique néfaste de la confrontation, la violence”. Jean Sur, pour sa part, fait découvrir pour certains, et redécouvrir pour d’autres la pensée originelle de Jacques Berque et ce, tout en se référant à son œuvre.
“Nous sommes avec Berque en présence d’une pensée qui ne confond ni ne sépare, mais qui distingue pour unir. Le monde global, l’être humain total, voilà ce qui est en jeu dans la problématique occidentale comme dans la problématique non occidentale : mais cette égalité ne justifie pas l’assimilation réductrice.”
En somme, la pensée de Jacques Berque, cet homme de pensée et d’action qui a marqué les relations entre l’Europe et le monde arabe, entre l’Algérie et la France, se fait ressentir dans ce livre. Né à Frenda (Algérie), en 1910, “il a eu le cœur de revivifier le dialogue entre les peuples et de favoriser leur rapprochement par une meilleure connaissance mutuelle. Chez lui, le souci de l’éthique et de la rigueur scientifique allait de paire : s’intéressant à la vie sociale comme à la religion et à la culture, c’est de l’intérieur qu’il voulait comprendre le monde arabe”. Ainsi est la pensée de Jacques Berque."
Le Journal "Le soir d'Algérie" du 29/07/04