Tamerlan

10 avril 1336 / 18 février 1405 

Un conquérant extraordinaire, mais aussi un tyran sanguinaire.

 

 

Portrait figuratif de Tamerlan

Sa vie 

 

Il naquit le 10 avril 1336, dans un clan mongol établi à Kech, en Ouzbékistan. Tamerlan était le fils d'un Turcoman, Teragaï, gouverneur de Kesh et parent éloigné des Mongols gengiskhanides. Très tôt, il s'identifia à son ancêtre supposé. Comme lui, il fut orphelin de bonne heure et privé de son héritage; comme lui, il lutta contre l'adversité, avant de devenir conseiller du gouverneur de Samarkand (1361). Dix ans plus tard, il s'empara du pouvoir et se proclama descendant du Grand Khan, sans toutefois prendre comme lui le titre de souverain universel (il se contenta de celui d'émir).

Il ne prétendit à rien d'autre qu'à rénover l'Empire mongol et se retrancha jusqu'à sa mort derrière la légitimité gengiskhanide, qui faisait alors figure de principe juridique incontesté. Gengis puisait ses forces dans les tribus nomades; celles de Tamerlan lui venaient de peuples sédentarisés, ce qui explique peut-être chez lui l'absence de ce messianisme universel caractéristique du Khan. De ce dernier, il conserva toujours l'œuvre principale, le Yassak, ou code des steppes, parfois peu adapté à la vie urbaine. 

Ses conquêtes militaires

Tamerlan était surtout un vrai musulman, dans la tradition des conquérants arabes. Ses guerres étaient saintes; sa mission était de convertir les païens ou les mauvais musulmans (ce qui lui permit de justifier sa lutte contre les Djaghataïdes).  Dix ans après avoir pris le pouvoir en Transoxiane, Tamerlan entreprit la conquête de la Perse (sac de Chiraz et Ispahan en 1387), puis de l'Irak  et de l'Azerbaïdjan. Un de ses ennemis les plus acharnés, le khan de Crimée Toqtamich, profita alors de son absence pour envahir par deux fois la Transoxiane, avant d'être battu par Cheik Omar, fils de Tamerlan, en 1390; ce fait d'armes sera célébré à Samarkand par vingt-six jours de réjouissances effrénées.  

Conscient de sa force, le Boiteux s'engage dans la guerre de Cinq Ans, qui devait voir la conquête de la Mésopotamie  et des provinces caspiennes, tandis que les fils du conquérant envahissent le bassin du Tarim (Turkestan chinois) et s'avancent jusqu'en Pologne. 

En 1398, c'est la campagne de l'Inde, avec la prise de Kaboul et Delhi. 

Revenu à Samarkand en 1399, Tamerlan rassemble une nouvelle fois ses armées et se dirige vers les rivages méditerranéens:

 Alep tombe le 11 novembre 1400. L'année suivante, Damas est prise, livrée au pillage et à l'incendie. Le conquérant se jette alors sur la Turquie; à la bataille d'Ancyre (1402), il fait prisonnier le sultan Bajazet qui mourra bientôt en captivité.  

La Chine

A nouveau, Tamerlan rentre à Samarkand pour mettre en œuvre son grand projet, la conquête de la Chine. L'empire des Ming, fondé en 1368 au lendemain de l'effondrement de la dynastie mongole, était alors au sommet de sa puissance; le succès de Tamerlan pouvait sembler douteux. Le destin l'empêchera de tenter cette aventure: tombé malade en chemin, il meurt le 19 janvier 1405.

L'œuvre de Tamerlan

Tamerlan rasa un grand nombre de cités florissantes et se livra à d'épouvantables massacres; cependant, il fit de Samarkand une ville splendide, la dotant de riches monuments. Les fastes de sa cour nous sont connus par les récits de l'historien arabe Ibn Khaldun, de l'archevêque de Sultanieh et de l'ambassadeur espagnol Ruy González de Clavijo.  

Protecteur des arts et esprit curieux, comme d'ailleurs tous les grands conquérants orientaux (il reçut des ambassades espagnoles et écrivit au roi de France Charles VI), on ne saurait toutefois lui attribuer aussi certainement que l'affirme la tradition les Instituts, recueil de règles de conduite laissées à ses enfants et où sont abordées la morale, la politique, la religion et l'administration des pays conquis. Ce dernier chapitre, si tant est qu'il soit de sa main, est le plus instructif; il révèle en tout cas un Tamerlan toujours prêt à justifier (il y met parfois une hâte suspecte) ses conquêtes par quelque motif d'ordre moral ou religieux. Il s'y montre aussi, dans les principes, profondément humain envers les populations civiles.

 Tamerlan est un conquérant turco-mongol qui se tailla un empire de l'Inde à la Méditerranée, fondant la dynastie des Timurides. Il régna sur la Transoxiane et l'Iran jusqu'au début du XVI ème siècle. Le nom de Tamerlan est la forme francisée de Timur (l'homme de fer). Plus tard on y ajouta "Lang" (le Boiteux), car il avait perdu dans une bataille l'usage de sa jambe gauche.

Entre 1364 et 1370, Tamerlan prit le contrôle de la Transoxiane. Il s'en proclama roi, écrasant ses anciens supérieurs et alliés, et déclara la renaissance de l'empire de Gengis Khan, dont il se disait à tord le descendant.

Il étendit sa domination sur les khanats voisins et, en 1394, il avait conquis l'Iran, la Mésopotamie, l'Arménie et la Géorgie, et avait envahi la Russie et la Lituanie à plusieurs reprises.

 

 

 

Statue de Tamerlan

 

En 1389-1395, il combattit et affaiblit le khanat de la Horde d'or. En 1398, Tamerlan occupa l'Inde, et s'empara de Delhi, qu'il pilla.  

 

En 1401, il prit la Syrie aux mamelouks, mettant Damas à sac, et massacra la population de Bagdad. L'année suivante, il vainquit les ottomans. Alors qu'il se préparait à attaquer la Chine, il mourut le 18 février 1405, près de Chymkent (aujourd'hui au Kazakhstan), et fut enterré à Samarkand, sa capitale. Son mausolée, le Gure  Amir, compte parmi les grands monuments architecturaux de cette ville.

Sa personnalité reste mystérieuse. Pour expliquer la cause ininterrompue de ses victoires, Tamerlan l'attribuait publiquement à Dieu: "Dieu donne la victoire à celui qu'il a choisi pour faire triompher sa justice". Dans son armée, il y avait des nomades, des Iraniens, des Géorgiens, des Turkmènes, des Mongols, ne parlant pas la même langue! Il dirigeait toujours les combats et participait aux batailles malgré ses handicaps. Vers la fin de sa vie, ses guerriers le portaient sur leurs épaules. Tamerlan était un impitoyable conquérant, certes, mais il était aussi un grand administrateur, créateur et protecteur des sciences et des artistes. 

A sa mort,(1405), il laissa sept fils: Djihanguir, Cheik Omar, Mirza Miran Chah, Khalil, Ibrahim, Saas Wakass et Chah Roukh (Chah Rokh, Chah Roh) ; ses descendants se partagèrent son empire, fondant des dynasties distinctes, dont Bâbur, premier souverain Mongol de l'Inde.  Bien qu'il fût célèbre pour sa cruauté dans la guerre et pour les nombreuses atrocités commises par ses armées, Tamerlan était aussi un passionné de l'érudition et des arts. Sa dynastie fut renommée pour son aide au développement des littératures turque et perse. Il gouverna par la Terreur, mais ne réussit jamais à créer une unité ni des hommes, ni des pays autour de sa personne. 

Le vrai portrait de Tamerlan

On savait que Tamerlan était grand et fort, qu'il était boiteux et manchot du côté droit, qu'il portait une longue barbe et que sa puissante voix faisait peur a ses vassaux.

C'est le 16 juin 1941, qu'une mission scientifique soviétique comprenant des archéologues, des chimistes, des médecins et notamment un grand anthropologue Mikhaïl Gherassimov, ouvrit la tombe "présumée",  dans le Mausolée des Timourides, plus connu sous le nom de Gur Émir (le 'Tombeau de l'Émir'), à Samarkand.

Le tombeau est une grande dalle funéraire en néphrite très foncé, appelée "jade noir". Mais à  la surprise générale,  la dépouille du grand Conquérant n'était pas sous cette stèle! Il fallut déplacer de gros blocs de calcaire pour trouver un cercueil d'ébène recouvert d'un riche décor de fils d'argent.

C'est alors que l'on sortit le squelette du grand Émir. Son corps avait été embaumé avec un mélange de "camphre, du musc et de l'eau de rose". Les os de la jambe droite étaient plus minces et plus courts que ceux de l'autre jambe et au niveau de la rotule, ils étaient soudés par un cal. De même pour le bras droit, un énorme cal soudait l'articulation du coude à l'os.

Il fut difficile pour les médecins de se mettre d'accord: pour les uns, il s'agissait de lésions osseuses tuberculeuses, pour les autres, la pénétration d'une pointe dans l'os, peut-être un coup de sabre. Les chimistes examinèrent les cheveux et en conclurent que ceux-ci étaient roux. La taille de l'homme de son vivant était de 1,70 m. Le crâne comportait quinze dents.

Après plusieurs années de travail, Gherassimov a présenté "la tête de Tamerlan", le visage de celui qui fit trembler le monde de la Mer Noire à l'Indus. Guerrassimov l'a décrit: "C'est un homme au menton carré, au front abrupt, au nez court, les traits de la race mongole"... Ces études durèrent plus de deux ans, on replaça les restes de Tamerlan dans son cercueil.