Asie Afrique 

Au Sudden Théâtre 

         L'auteur

Timothée W. Roux est né dans une famille de militaires, un milieu où une forme moderne de nomadisme impose de changer de camp de manoeuvre et de garnison tous les deux ans, en France comme à l'étranger. Il a fait des études d'ingénieur à l'École Polytechnique et à l'École des Mines de Paris.

Il habite actuellement en Belgique, et travaille dans la branche "Afrique Moyen Orient" d'un groupe pétrochimique américain.

C'est au cours de voyages au Maghreb, au Proche-Orient et en Asie Centrale, qu'il a eu vent d'une rencontre incroyable, celle de Tamerlan et d'Ibn Khaldoun en 1401 au siège de Damas. Après plusieurs années de recherche sur les protagonistes et le contexte historique, il a décidé d'en faire une pièce de théâtre. Asie Afrique est sa première pièce de théâtre.

  La pièce

Nous sommes en 1401 au Moyen Orient ; le conquérant turco-mongol Tamerlan est seul sous sa tente de commandement, sur les hauteurs surplombant Damas. Ses troupes, en ordre de bataille, s'apprêtent à raser la ville qui refuse d'ouvrir ses portes. Un savant arabe, Ibn Khaldoun, apparaît. Il tente de s'opposer au massacre annoncé, et obtient de Tamerlan un délai de grâce. Si la ville se rend avant le lever du soleil, ses habitants seront épargnés…

Asie Afrique est une pièce sur la paix. C'est une pièce qui au travers d’une rencontre historique - celle du premier historien et du dernier conquérant turco-mongol - met le spectateur au coeur de l'équilibre instable de la paix.

 Un spectacle / une époque / une atmosphère

Au départ il y a un texte surprenant entre deux légendes de l’histoire de l’humanité : Tamerlan dit Timour leg et Ibn Khaldoun. Certes en Occident cela ne nous dit pas grand-chose, mais dans l’histoire mondiale ces deux hommes ont marqués leur génération. Retour de bâton de la colonisation, un arabe et un mongol pendant une bonne heure vont nous lire les lignes de la main !

Le théâtre nous offre cette possibilité unique de revivre un instant d’histoire !

Ce que j’aime dans Asie Afrique, c’est que cette histoire, tout en s’inscrivant dans le rapport authentique de ces personnages, résonne et fait écho en chacun de nous. Qui n’a pas revendiqué l’inaction du pouvoir des conseillers et l’irresponsabilité des hommes d’action, l’envie de parler de violence sans délinquance, l’espoir de causer d’islam sans voile islamique ?

Et puis il a le désert, son silence qui délit les langues, sa grandeur qui pousse à plus d’intimité, sa chaleur qui refroidit les esprits les plus bouillonnants.

Ce spectacle, je voudrais qu’il suscite la force d’une pièce à conviction, le charme inquiétant d’une veille de combat et l’irrésistible souffle de vie de destins qui s’achèvent. (Xavier Lemaire)

" Une pièce magnifique… D’une richesse énorme et rare… on aimerait la voir sur scène en cette période où ses thèmes nous ont proches". Société des Auteurs Compositeurs Dramatiques

La négociation au siège de Damas

La pièce de théâtre Asie Afrique met en scène un événement fondamental et charnière de l'histoire des civilisations : la négociation au siège de Damas en 1401 entre l'homme politique et savant Ibn Khaldoun, et le conquérant turco mongol Tamerlan.

L'importance de cet événement est à l'origine de son oubli : il marque l'effacement des civilisations africaines et asiatiques au profit des civilisations européennes et nord américaine.

Après 1401, c'est d'un côté la Renaissance européenne, l'expansion russe, la découverte de l'Amérique, et de l'autre, la colonisation de l'Afrique et de l'Asie, la fin des empires arabes et turco-mongols.

D'autre part, au delà de l'importance didactique - redécouvrir un événement que les colonialismes ont minutieusement caché tant en Asie qu'en Afrique - l’événement de cette rencontre c’est la tragédie théâtrale qui se déroule dans la rencontre entre deux hommes dont le savoir et le pouvoir ne pourront éviter le massacre de Damas et la disparition des civilisations maghrébines et turco-mongoles.

Enfin, à travers le parallèle historique, Asie Afrique est une réflexion sur l'usage de la violence d'Etat, qu'elle soit d'inspiration religieuse ou morale, qu'elle soit dirigée contre un individu ou contre une civilisation. Asie Afrique, fil d'Ariane pour comprendre d'où proviennent les instabilités que nous connaissons au Proche Orient, en Asie Centrale et au Maghreb. Des instabilités qui ont commencé un soir de janvier 1401, sur les hauteurs de Damas...

 Note du metteur en scène

M. Michel Chabasse

Sensible et enthousiaste, j’aime qu’apparaissent dans mes spectacles l'engagement de chacun, sans retenue, et avec une infinie générosité, mais aussi dans les moments de silences et d'apaisements, que je ne crains pas. Ces espaces donnent un vrai retentissement au texte, mais aussi, et surtout, à l'essentiel de ce qui se joue, à l'être, derrière le personnage... Sans jamais perdre la notion de spectacle.

J’aime la matière texte. J’apprécie « lire »... J’aime percevoir aussi bien le rythme, les élans d'un texte, que ce qu'il cache, bien enfoui, dans ses profondeurs. J’adore sentir que ce qui est loin derrière les mots peut resurgir à tous moments... Quel bonheur aussi de s’apercevoir après un travail que ni le réalisme, ni la poésie, ni l'humour d’un texte n’ont été sacrifiés. Je ne crains ni la crudité de la langue, ni son lyrisme... je ne crains pas non plus l'obscurité et la pureté des personnages que je mets en scène... J’aime les allées venues entre le profane et le sacré, qui sont un réel cadeau pour le spectateur....

      L'acteur

M. Ziani Chérif Ayad 

Première promotion de l’Institut National d’Art Dramatique et Chorégraphique d’Alger, il est engagé en 1971 au Théâtre National d’Alger comme comédien où il s’illustrera dans de nombreux rôles. Cependant la mise en scène l’attire et l’occasion se présente en 1980 lorsque le TNA lui permet de monter Les Bains de Maïakovski, suivi de Galou laarab galou (les arabes ont dit) qui obtient le premier prix de mise en scène aux journée théâtrale de Carthage.

En 1986 il est nommé directeur artistique du TNA. Mais limité dans son action il quitte le TNA en 1989 pour fonder la troupe indépendante El Qalaa (la Citadelle).

Il monte Le Cri de M’AHmed Benguettaf (2ème récompense à Carthage), puis Fatma du même auteur et Hafila Tassir.

En 1991, il est conseiller artistique de Jean Pierre Vincent pour Princesse de Fatima Gallaire et l’expérience marque le début d’une relation fructueuse avec le théâtre des Amandiers de Nanterre.

La tragédie de l’Algérie le fait redoubler d’effort et il monte de 1993 à 2001 : Baya d’Aziz Chouaki, L’amour et après de Mohamed Farah, Mille Hourra pour une Gueuze de Mohamed Dib, La répétition ou le rond point des artistes et arrêt fixe de M’Hamed Benguetaf, Wast Eddar, le patio du pays éperdu, montage de textes littéraires algériens.

En 2001, il se voit confier la direction du TNA cette institution qui l’a vu naître et grandir et le TNA pour la première fois organise une programmation annuelle. Animateur acharné de cette entreprise de renouveau du théâtre en Algérie, il n’abandonne pas la mise en scène : Nejma de Kateb Yacine, Un été de cendre de Abdelkader Djemaï.

Courant 2003, il quitte à nouveau le TNA et s’attelle à monter une structure théâtrale indépendante en Algérie pour l’émergence d’une Théâtre algérien de qualité. Nous le retrouvons avec bonheur comme comédien sur Asie Afrique…

     Commentaires

Afrique Asie

Quelle pièce! Il faut quelque temps pour la digérer et presque envie d'une deuxième représentation par peur d'être passé à côté de certains éléments. Car elle est riche cette pièce! Riche en réflexions, riche en ambiance et en voyage! Peut-être justement trop d'idées intéressantes, mais qui s'enchaînent sans nous laisser le temps d'en mesurer l'ampleur. Allez, j'y retourne mardi, je vous dirais si ça vaut vraiment le coup d'y aller deux fois!.

Leila Kabbaj   

Un vrai voyage dans le temps à Damas qui permet d'aborder avec le recul historique l'implosion du monde arabe à l'heure où il représentait la première puissance mondiale. Beaucoup de réflexions intelligentes sur les enjeux du pouvoir et de la guerre qui font de cette pièce un must pour réfléchir sur nos choix actuels en matière de politique étrangère! A ne pas manquer!